mer. Fév 21st, 2024
    Biden Deepfake lors des primaires du New Hampshire: Un avertissement concernant les ingérences électorales

    Dans la ville de Hancock, le 21 janvier à 17h35, Gail Huntley a reçu un appel téléphonique du Président Joe Biden, qui lui a dit de ne pas voter aux élections primaires du New Hampshire. Surprise par cet appel, Gail Huntley, une démocrate de 73 ans, avait prévu d’écrire le nom de Biden sur le bulletin de vote des primaires.

    La voix à l’autre bout du fil lui a dit : « Il est important de garder votre vote pour les élections de novembre. Voter ce mardi ne fait que favoriser les Républicains dans leur tentative de réélire Donald Trump. » Huntley a immédiatement su que quelque chose n’allait pas. « Je savais que c’était une tromperie, » a-t-elle dit. « Ils avaient reproduit sa voix. »

    L’appel deepfake de Biden utilisé pour dissuader les gens de voter lors des primaires démocrates du New Hampshire met en évidence les risques que l’intelligence artificielle (IA) pose dans la publicité politique et l’ingérence électorale aux États-Unis et à l’étranger. Les législateurs du New Hampshire ont présenté le projet de loi 1596 de la Chambre des représentants dans le but de lutter contre cette technologie émergente.

    L’appel reçu par Huntley a été envoyé à des milliers de personnes, selon l’application anti-robocall Nomorobo. Cette tromperie a utilisé une tactique appelée « spoofing », où les escrocs font en sorte que l’appel semble provenir d’un autre numéro pour cacher leur identité. Dans ce cas, le numéro semblait être celui de Kathy Sullivan, ancienne présidente du parti démocrate de l’État, qui soutenait la campagne de Biden.

    Le procureur général du New Hampshire enquête sur cet appel robotisé et le secrétaire d’État David Scanlan s’est dit préoccupé par les attaques de l’intelligence artificielle lors des élections. De plus, les experts ont souligné que ces appels deepfake et leur utilisation lors des élections deviennent de plus en plus fréquents.

    C’est pourquoi les législateurs du New Hampshire ont présenté une législation bipartite pour lutter contre l’ingérence de l’IA lors des élections. Le projet de loi exige la divulgation de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la publicité politique et interdit l’utilisation de deepfakes ou d’une IA trompeuse dans les 90 jours précédant une élection, sauf si une divulgation complète est faite.

    La divulgation indiquerait : « Cet enregistrement audio, cette image ou cette vidéo a été manipulé(e) ou généré(e) par une technologie d’intelligence artificielle et représente une parole ou un comportement qui ne s’est pas produit(e). » S’il s’agit d’un enregistrement audio comme celui de l’appel robotisé de Biden, cette divulgation serait diffusée au début et à la fin de l’enregistrement, ainsi qu’à l’intérieur s’il dure plus de deux minutes.

    La députée Angela Brannan, auteure du projet de loi, espère que cette législation protégera les électeurs contre la tromperie technologique et garantira qu’ils reçoivent des informations précises. Des dispositions ont également été incluses pour répondre aux préoccupations liées au Premier Amendement, telles que l’exclusion de la satire et des parodies.

    L’intervention de l’IA dans les élections peut compromettre la confiance et le sentiment de démocratie dans la société, met en garde Ashley Casovan, directrice exécutive du Centre de gouvernance de l’IA à l’Association internationale des professionnels de la vie privée. Par conséquent, il est important non seulement de sensibiliser à cette question, mais aussi de prendre des mesures réglementaires et législatives supplémentaires.

    Le projet de loi proposé au New Hampshire n’est qu’une étape vers la protection des électeurs et de la démocratie. La rapide évolution de la technologie exige une réponse tout aussi rapide de la part des législateurs pour prévenir les interférences et les tromperies dans les processus électoraux.

    Questions fréquemment posées sur l’ingérence de l’IA dans les élections américaines

    By